Olivier Pasquiers, photographe, membre de l'association "le bar Floréal. photographie"
Tous pas pareils, tous pareils
Pendant l'année scolaire 1995-1996, j’ai participé au
projet d'école de la maternelle Anne Frank d'Asnières-sur-seine
(92).
Un studio de prises de vues a été installé dans l'école;
il a fonctionné plusieurs matinées par semaine.
Les enfants passent plusieurs fois devant et derrière l'appareil,
ils sont tour à tour modèle et photographe et chaque séance
produit son lot de planches contacts soumis au"j'aime / j'aime pas"
.
Après avoir discuté avec les enfants sur les "bonnes"
ou les "mauvaises" photos, après avoir fait tout ce qu'il
était interdit de faire quand papa fait une photo : tourner le dos,
tirer la langue, bouger... j’ai proposé, petit à petit,
ces demi-visages, ces cadrages si surprenants pour beaucoup. Car il ne s'agissait
pas de couper les visages en deux d'un coup de ciseaux, mais de faire avec
les enfants un travail de création photographique.
C'était là un des buts de l'atelier : faire comprendre aux
enfants par la comparaison, le rapprochement que les autres sont très
peu différents d'eux-mêmes. Il est très important ,
dès l'école maternelle, d'inciter les enfants à regarder
l'autre comme une personne, et à les aider à développer
des sentiments d'égalité et de respect.
Une exposition était née.
Ceci fait il restait à donner de la place au jeu, pour que ces images
continuent à vivre loin de cette école. Michel Séonnet
a donc écrit un texte, aussi peu sérieux que possible, où
seul le mélange des mots, entraînant le mélange des
visages, produirait le plaisir ; le plaisir d'apprendre la différence.